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Séminaire sur le syndrome de Costen ou S.A.D.A.M

Vendredi 6 et samedi 7 Octobre 2017 à Lille voir programme sur Programme

Le séminaire  est complet

Voir Video à https://www.youtube.com/my_videos?o=U

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A PROPOS DES MANIPULATIONS

Extrait du livre : Mal de Dos Mal de Dents.

La manipulation est une des plus anciennes techniques utilisée par l'homme pour soulager ses maux.

Toutes les civilisations, des plus anciennes aux plus récentes ont utilisé la main pour soulager et pour guérir.
D'ailleurs, lorsque nous nous faisons mal, notre premier réflexe n'est-il pas de poser la main sur la partie douloureuse ?
L'homme utilise la main et l'animal, dépourvu de main, utilise sa langue.

Autrefois il y avait, dans chaque village un rebouteux qui réduisait les entorses et les "tours de reins" (lumbago ou lombalgie aigue), un guérisseur qui soignait par "les plantes" en donnant ce que nous appelons des "remèdes de bonne femme" dans le jargon populaire, un magnétiseur qui imposait les mains pour guérir par son "fluide".
La main est le premier outil de l'homme pour se soigner. Hippocrate a dit "Que ton aliment soit ton premier médicament" en préconisant une bonne hygiène alimentaire.

LES MANIPULATIONS

Définition : La manipulation vertébrale, selon le petit Larousse, est une mobilisation forcée, brève et mesurée des articulations ou d'un segment de la colonne vertébrale à des fins thérapeutiques. Elle permet de réduire les "dérangements intervertébraux douloureux".
Il ne s'agit pas d'une luxation, qui serait du domaine orthopédique voir chirurgical, mais de la fixation d'une vertèbre dans une position. 

Qu'est-ce qu'une vertèbre déplacée ou un dérangement intervertébral ?
Une articulation a des amplitudes de mouvements connus et symétriques dans les 3 plans de l'espace. Il arrive que l'articulation se bloque sur un mouvement qu'elle a effectué.
Dans le torticolis, par exemple, le rachis cervical se trouve fixé dans une position et tout mouvement entraîne une douleur vive.

Il existe de nombreuses techniques de manipulations.
En ostéopathie on dispose de manipulations structurelles ( celles qui "craquent"), fonctionnelles, viscérales, faciales et crâniennes (celles qui ne craquent pas). Il appartient à l'ostéopathe d'utiliser la technique la plus efficace susceptible de guérir le patient.
La manipulation est-elle dangereuse ?
Elle peut l'être si les forces employées ne sont pas adaptées au patient (sujet âgé avec des os fragiles - zonés présentant une atteint osseuse grave [fracture - fissure - luxation vraie - hernie discale]. Il est donc prudent d'établir un diagnostic  précis; En cas de doute il faut demander une radio, un scanner ou une I.R.M.

 

"Il faut adapter la thérapeutique au patient et non le patient à la thérapeutique."

Est-il vrai que les manipulations ont un effet néfaste sur les ligaments et que plus on manipule plus les vertèbres se déplacent ?

C'est totalement faux car la manipulation repositionne l

 

L'apprentissage de la manipulation.

Chez les "rebouteux" il y avait transmission du "secret" de père en fils. Mais, devant l'efficacité de ces techniques, le monde médical a essayé de comprendre et de pratiquer le "reboutement" en l'analysant selon l'anatomie et la biomécanique.
La connaissance de l'anatomie et de la biomécanique a été la première étape.
La biomécanique détermine la forme et l'amplitude normale des mouvements articulaires.
L'interrogatoire et l'examen du patient révèlent les zones douloureuses et les limitations de mouvements.
Les tests de mobilité permettent de déterminer les zones de restrictions de mouvements dans les amplitudes et les formes.

La manipulation respecte les amplitudes physiologiques ou normales du mouvement de l’articulation. Elle s'effectue en plaçant le sujet dans une position qui permet d'agir sur l'articulation "bloquée", en appliquant une force précise, rapide et modérée pour la libérer. Le succès de la manipulation dépend surtout de la précision et de la vitesse avec laquelle la force mesurée de correction est appliquée.

L’ostéopathe dispose aussi de manipulations plus douces pour libérer une articulation sans utiliser de force. Il appartient à chaque ostéopathe de décider de la technique à employer, selon le cas du patient. La règle absolue est :

"Il faut adapter la thérapeutique au patient et non le patient à la thérapeutique".

Nous verrons combien cette notion est importante dans le traitement des articulations temporo-mandibulaires.

Avec des techniques appropriées, un ostéopathe expérimenté peut se permettre de manipuler des fractures.

L'épouse d'un ami, médecin homéopathe, avait fait une chute dans l'escalier et ne pouvait plus s'asseoir. La radio révèle une fracture du sacrum. En plus de la fracture mon examen révèle des blocages du bassin et des lombaires que j'ai manipulés par des techniques très douces. Le traitement a permis de diminuer les douleurs de plus de 70%. Immédiatement après mon traitement la patiente a pu s'asseoir dans un fauteuil.

Un de mes patients me téléphone pour obtenir un rendez-vous en urgence. Il me dit avoir fait une chute au cours d'une rencontre de football et avoir entendu un craquement de son rachis. L'examen révèle une zone très contracturée et extrêmement douloureuse. Je lui dis qu'il a certainement deux vertèbres avec tassement du corps vertébral. Une radio est indispensable pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. j'ai pu améliorer, par des manipulations très douces. La radio confirme mon diagnostic. Il restera allongé pendant un mois pour attendre la consolidation des fractures.

Il est évident que ce genre de traitement requiert une certaine expérience.

Je constate souvent que des patients ayant subi des traumatismes importants (fractures par exemple) continuent à souffrir alors que tout semble guéri et consolidé.

La douleur provoquée par la plus grosse atteinte a masqué les autres lésions associées. Les douleurs décrites n'ont souvent rien à voir avec la pathologie principale. Elles sont la conséquence de pathologies secondaires installées au cours de l'accident, qui sont passées inaperçues tant la douleur de la lésion principale est importante.

 

La récidive des blocages vertébraux peut être liée à de nombreuses étiologies.

Un ami, médecin présente régulièrement des blocages cervicaux et dorsaux. Je le manipule fréquemment, il s’étonne des récidives et du fait que les manipulations ne stabilisent pas son rachis. Un jour, au cours d’un de mes déplacements, je reconnais sa voiture et je le vois sortir de celle-ci avec son attaché case à la main droite. Il le place toujours sur le siège du passager. Je pense aussitôt que c’est le fait de saisir sa valise et de la porter en descendant de voiture qui lui provoque les blocages cervicaux. Son attaché-case est lourd et il monte et descend fréquemment de voiture lors de ses visites. Je lui suggère de mettre sa valise sur le siège arrière, même si cela l’oblige à ouvrir et fermer deux portes de voiture. Depuis, ses blocages vertébraux ont disparus. Beaucoup de personnes accusent la voiture d'être responsable de leurs maux de dos, alors que c'est souvent les faux mouvements qu'ils font en étant assis au volant qui sont à l'origine des blocages et des douleurs.

Des années plus tard je l'ai revu pour des blocages lombaires aigus répétitifs. Il est à la retraite. Chaque traitement ostéopathique comporte un traitement viscéral car il semble que l'origine de ses douleurs soit plus viscérale que mécanique. C'est un grand consommateur de produits laitiers. Après avoir lu le livre du Docteur Seignalet : 'L'alimentation ou la troisième médecine", il décide de limiter sa consommation de fromage. Ses blocages lombaires ont disparu.

Une dame présente, régulièrement, un lumbago et m’interroge sur les causes de récidives aussi fréquentes. Je lui conseille de rechercher le faux mouvement qui provoque le blocage, elle m’affirme n’en faire aucun. Les lumbagos se succèdent. Au cours de la dernière consultation elle m'annonce que j’ai raison, elle a trouvé le mouvement qui provoque son lumbago. Je lui demande lequel. D'abord elle refuse de me le dire, puis, finalement, elle m’avoue que son lumbago est provoqué par une position du "Kama Soutra" lors de ses relations avec son mari ! Je n’ai pas su laquelle, mais elle n’a plus fait de lumbago.

Les récidives peuvent être liées à des troubles de la posture générale du corps, des déséquilibres de la mâchoire ou des dysfonctions digestives. Si la liaison viscérale paraît incroyable, elle n’en est pas moins réelle.

Un ami médecin me demande de voir son épouse qui souffre d’une douleur violente au milieu du dos. Les douleurs ne sont améliorées ni par le repos ni par la position allongée. Dans ce cas, je pense toujours à une origine digestive. Je trouve des tensions anormales et des douleurs à la palpation de l'abdomen. Je libère les tensions viscérales par des manipulations appropriées, avant de manipuler les vertèbres. Après la manipulation, elle se sent mieux, mais les douleurs réapparaissent très vite. Son mari lui fait faire un bilan complet. L’analyse de sang révèle des anomalies. Une échographie met en évidence une phlébite de la veine mésentérique, cas très rare, dont la seule manifestation était la douleur vertébrale. Le traitement de la phlébite a fait disparaître toutes les douleurs. La cause de cette phlébite était une infection à cytomégalovirus. [2]

Un patient me consulte pour des douleurs cervicales très aiguës que le traitement ostéopathique n'arrive pas à améliorer durablement. Les radiographies cervicales ne montrent rien de pathologique. Son médecin décide de l'hospitaliser pour un bilan. Les douleurs sont dues à un cancer du poumon qui a emporté le patient en quelques mois. C'est le syndrome de Pancoaf Tobiax. Il n'y avait pourtant aucune métastase osseuse du rachis.

Un samedi matin, je reçois, en urgence, une patiente qui est atteinte d'une sciatique aiguë. Un scanner a mis en évidence une petite hernie discale qui ne comprime pas le nerf sciatique de manière significative et les signes cliniques ne sont pas en faveur de cette étiologie. La palpation abdominale révèle une sensibilité anormale de l'utérus. La patiente porte un stérilet. Je lui demande depuis combien de temps elle porte ce stérilet et si elle présente des symptômes gynécologiques depuis sa mise en place.

Elle me répond qu'effectivement, depuis la mise en place du stérilet, elle a des douleurs abdominales et des règles abondantes et douloureuses.
Je libère les tensions viscérales de l'utérus par manipulations, les douleurs de sciatique s'améliorent nettement, le signe de Lasègue
[3] disparaît.
Je lui dis que je pense que le problème de sciatique vient du stérilet et je lui demande si sa sciatique et ses troubles gynécologiques sont apparus après sa mise en place.
Elle me répond qu'effectivement, depuis la pose du stérilet, elle souffre de divers symptômes, mais qu'elle n'a pas fait la relation avec la sciatique.
Je pense qu'il faut enlever le stérilet pour confirmer ou infirmer le diagnostic.
Elle doit voir son gynécologue le lundi suivant.
Je fais un courrier à son gynécologue. Je la préviens qu'il peut avoir deux attitudes : confirmer mon diagnostic ou me prendre pour un farfelu et un charlatan.
Le lundi, en début d'après-midi, la patiente me téléphone pour me remercier. Son gynécologue a confirmé mon diagnostic et a enlevé le stérilet. Sa sciatique a disparu.

Ceci prouve que les douleurs vertébrales ne sont pas toujours en rapport avec une arthrose ou  des "dérangements intervertébraux", dénomination qui remplace avantageusement l’appellation "vertèbre déplacée".

En conclusion, on peut affirmer que la manipulation, effectuée avec une technique adaptée, en tenant compte de l’état du patient, n’est pas dangereuse. Elle doit être précédée, si le moindre doute existe sur l’intégrité osseuse, d’une radiographie et des bilans nécessaires à l’élaboration d’un diagnostic précis.
La nécessité de répéter les manipulations peut être en rapport avec l’ancienneté des dérangements intervertébraux qui ont entraîné une laxité ligamentaire locale.

Je pense qu'on peut recourir à la manipulation autant de fois et aussi souvent que cela est nécessaire.

Il m’est arrivé, pour traiter une névralgie cervico-brachiale très douloureuse, de manipuler la patiente deux fois par jour, matin et soir. Après une semaine de ce traitement la patiente était guérie, sans récidive, ni séquelles depuis plusieurs années



[1] Tuberculose, cancer, infection, décalcification osseuse due à la vieillesse ou à la maladie

[2] Les cytomegalovirus font partie des herpès. Il s'agit d'une infection courante et habituellement asymptomatique, mais ils peuvent être à l'origine de pathologies diverses.

[3] Signe de Lasègue : Le mouvement de flexion de la cuisse sur le bassin avec la jambe en extension est arrêté par une vive douleur ressentie par le malade au niveau de la fesse et le long de face postérieure de la jambe.

 

Site de Jean-marie LANDOUZY, Ostéopathe, 310, rue Solférino 59000 LILLE  FRANCE     Tel : (00.33) 03.20.85.02.90
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